LE PETIT TRAIN DE MA JEUNESSE, LE PETIT TRAIN S'EN VA, AU DESSUS DES TOITS LENTEMENT PAR LES FENÊTRES JE LE VOIS, LENTEMENT IL NE REVIENT PAS. IL N'Y A RIEN A DIRE, IL N'Y A RIEN A FAIRE, IL N'Y A RIEN A DIRE. ET JE ME FOUS DU TEMPS QUI PASSE, LE TEMPS QUI PASSE, LA MALADIE DE MA JEUNESSE, JE N'AI JAMAIS AIME D'AUTRE PERSONNE QUE MOI, ET PAS MÊME TOI. ET J'ÉTAIS SI HEUREUX AVEC TOI ET J'ÉTAIS AUSSI HEUREUX SANS TOI. JE ME FOUS DU VENT QUI VIENT, QUI VA, JE ME FOUS DE LA VIE QUI FINIT OU PAS, JE ME FOUS DE TES HISTOIRES CINGLÉES, JE ME FOUS QU'IL PLEUVE PAR LE TOIT. JE ME FOUS DU MALHEUR, DU BONHEUR, DE LA JOIE ET DE TOUT CE TEMPS QUI S'EN VA. JE ME FOUS DES CHANSONS TRISTES, DES CLÉS QUI OUVRENT LES SERRURES. JE ME FOUS DE LA VIE QUI GLISSE, JE ME FOUS DE LA TERRE FERMÉE. JE ME FOUS DU KARMA, DES ÉTOILES, DU SOLEIL DÉGLINGUÉ, DES JOURS SANS LENDEMAIN. JE ME FOUS DU CHAGRIN. LE PETIT TRAIN DE MA JEUNESSE, LE PETIT TRAIN S'EN VA, SE COGNE ET CONTINUE TOUT DROIT. JE N'AVAIS BESOIN DE PERSONNE ET PERSONNE N'AVAIT BESOIN DE MOI. ET J'AI ABUSE DU TEMPS ET A PRÉSENT VOILA QU'IL ABUSE DE MOI

LE PETIT TRAIN DE MA JEUNESSE, LE PETIT TRAIN S'EN VA, AU DESSUS DES TOITS LENTEMENT PAR LES FENÊTRES JE LE VOIS, LENTEMENT IL NE REVIENT PAS. IL N'Y A RIEN A DIRE, IL N'Y A RIEN A FAIRE, IL N'Y A RIEN A DIRE. ET JE ME FOUS DU TEMPS QUI PASSE, LE TEMPS QUI PASSE, LA MALADIE DE MA JEUNESSE, JE N'AI JAMAIS AIME D'AUTRE PERSONNE QUE MOI, ET PAS MÊME TOI. ET J'ÉTAIS SI HEUREUX AVEC TOI ET J'ÉTAIS AUSSI HEUREUX SANS TOI. JE ME FOUS DU VENT QUI VIENT, QUI VA, JE ME FOUS DE LA VIE QUI FINIT OU PAS, JE ME FOUS DE TES HISTOIRES CINGLÉES, JE ME FOUS QU'IL PLEUVE PAR LE TOIT. JE ME FOUS DU MALHEUR, DU BONHEUR, DE LA JOIE ET DE TOUT CE TEMPS QUI S'EN VA. JE ME FOUS DES CHANSONS TRISTES, DES CLÉS QUI OUVRENT LES SERRURES. JE ME FOUS DE LA VIE QUI GLISSE, JE ME FOUS DE LA TERRE FERMÉE. JE ME FOUS DU KARMA, DES ÉTOILES, DU SOLEIL DÉGLINGUÉ, DES JOURS SANS LENDEMAIN. JE ME FOUS DU CHAGRIN. LE PETIT TRAIN DE MA JEUNESSE, LE PETIT TRAIN S'EN VA, SE COGNE ET CONTINUE TOUT DROIT. JE N'AVAIS BESOIN DE PERSONNE ET PERSONNE N'AVAIT BESOIN DE MOI. ET J'AI ABUSE DU TEMPS ET A PRÉSENT VOILA QU'IL ABUSE DE MOI
- Va-t'en.
- Non, certainement pas. Je ne te laisserais pas dans cet état.
- Mais quel état, y a pas d'état, c'est mon état, je veux être seule, tu peux comprendre ? seule seule seule seule seule !
- Et pour quoi faire, on peut savoir ?
- Rien ! pour rien faire, surtout rien !
- Ecris alors ! Ou fais un collage, un film, une chanson, fais quelque chose de tout ça, ça t'aura au moins servi à ça.
- Mais tu m'énerves avec ton enthousiasme, tu vois toujours le bon côté des choses, moi j'ai pas de bon côté, c'est ça que t'as pas saisi, je veux être seule, rien attendre, rien espérer, dormir, fumer des clopes, manger hiberner, ne pas penser, ne pas réfléchir, laver par terre avec des lingettes Cif, jouer à Dinosaurland sur mon ordinateur, lire des vieux Elle, des vieux 20ans, des romans que je connais par c½ur, souligner toujours les mêmes phrases, regarder la télé, boire du lait, manger du pain trempé de thé et danser, danser toute seule parce que devant les autres je peux pas, c'est comme une partouze, c'est répugnant, ne pas pleurer, ne pas rire, me faire masser, être caressée, sans réciprocité, inerte, le plus inerte possible sous les doigts de la masseuse que je paie pour cet abandon-là, ronronner, m'endormir !
- C'est ça. Comme tes chats, quoi. Formidable.
- Oui, formidable je suis un chat formidable ! [...]
- Arrête, t'es pas drôle maintenant.
- Je sais que je suis pas drôle, je te quitte.
- Non, tu ne me quittes pas.
- Si.
- Non. Je t'aime.
- C'est nul de dire ça, c'est la phrase la plus bête du
monde. Moi je ne t'aime pas, je ne t'aimerai jamais, je
n'aimerai plus jamais personne.
[...]
- ... parce que je t'aime.
- Non tu ne m'aimes pas, je ne veux pas que tu
m'aimes, j'ai le c½ur tout sec, moi, tout rassis.
- Je vais l'arroser, ton c½ur. Je vais l'arroser, tu vas
voir. Viens, viens près de moi, là, voilà...
- J'étais une fille formidable, moi, avant. Mais là, là, là...
- Là quoi ?
- Là je te gâche.
- [...] Tu vas m'aimer, tu vas voir.



Justine Lévy - Rien de grave

# Posté le samedi 26 juillet 2008 10:50

Modifié le lundi 28 juillet 2008 15:16

MON DIEU MAIS C'EST PAS SÉRIEUX !!!!

Allez, faites que ça soit le tube de l'été !

# Posté le mardi 24 juin 2008 13:25